Notre Père

 
 
Cette prière, si souvent dite, récitée sans y prêter attention, est sans doute la plus belle qui soit. N'est-elle pas celle que Jésus a enseignée à ses apôtres quand ils lui ont demandé : "Seigneur, apprends-nous à prier ! "
 
Notre Père : Jésus nous apprend que Dieu n'est pas quelqu'un de lointain, de tout-puissant, éloigné de notre vie et de nos problèmes. Non  Dieu est un un "père", quelqu'un qui nous aime. J'ajouterai même "en silence" comme l'est souvent l'amour d'un père pour ses enfants. Et c'est vrai que Dieu est souvent le grand silencieux et si Jésus guérit les aveugles et les sourds ; c'est aussi un signe que, nous-aussi, nous avons besoin de retrouver la vue et l'oreille pour découvrir et reconnaître ce Père qui nous aime.
Notre Père, celui qui accueille l'enfant prodigue. Celui qui veut que nous atteignons notre pleine dimension. Celui qui demande des efforts à ses enfants pour leur bien.
 
Qui est aux Cieux : Alors là ces mots semblent venir en contradiction des deux mots précédents. Tout d'abord, les Cieux, c'est quoi, où ?
Mais n'est-ce pas des Cieux que l'on a une vision plus globale, avec davantage de recul ?
Notre Dieu : un Père qui aime chacun de ses enfants individuellement, proche d'eux mais avec du recul pour voir plus loin que l'avenir immédiat, mais le bonheur réel et l'épanouissement de ses enfants.
 
Que ton nom soit sanctifié : c'est la première demande de Jésus. Comme si tout commençait d'abord par là ! Que Dieu soit reconnu, fêté, aimé : c'est la base, le fondement du reste.
 
Que ton règne vienne : un règne d'amour, de justice et de paix. Que le cœur des hommes s'ouvre à l'amour d'un Dieu qui est un Père. Que cet amour débouche sur les autres, nos frères et qu'ainsi nous pratiquions la justice et connaissions la paix.
 
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel : les chemins de Dieu ne sont pas nos chemins et parfois, comme Jésus au jardin des Oliviers, nous voudrions bien que ce soit notre volonté qui s'accomplisse, mais comme Jésus, acceptons cette volonté de Dieu en croyant dans l'amour du Père et que sa volonté, c'est ce qu'il y a de meilleur pour nous, même si ne comprenons pas très bien. Il y a là un certain abandon à la volonté de Dieu et à son plan d'amour sur les hommes.
 
Donne-nous aujourd'hui, notre pain de ce jour : le pain au sens large du mot, c'est-à-dire tout ce dont nous avons besoin pour vivre. Nous, nous qui te prions, mais aussi nous, tous les hommes de la terre, nos frères.
 
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés : la traduction mot à mot du latin disait "Remets-nous nos dettes, comme nous les remettons à ceux qui nous doivent". Si nous voulons être pardonnés, si nous voulons que nos péchés nous soient remis, nous devons d'abord faire la même chose envers nos frères. Et le monde ne peut vivre sans le pardon mutuel, car nous sommes tous pécheurs. Et aussi en notre temps où tant d'hommes meurent de faim à cause des guerres ou des conflits, cette condition est sans doute celle qui permet à notre précédente demande d'être exaucée.
 
Et ne nous soumets pas à la tentation : oui, car sur notre seule force nous ne saurions résister.
 
Mais délivre-nous du Mal : qui est autour de nous et surtout du mal, du refus d'aimer, qui est en nous.