Dieu
est déroutant
Bien
habillé ou vêtu de guenilles, la
besace pleine de mérites ou seulement riche de sa misère, chaque être humain
peut trouver grâce aux yeux de Dieu. Il voit les cœurs et la vérité de
chacun et les jugements humains ne tiennent pas sous son regard. Au contraire,
le pauvre et la veuve - les petits qui crient vers lui - ont sa préférence.
La
parabole du pharisien et du publicain illustre en partie ces propos de Ben Sirac,
qui mérite décidément bien d'être appelé « le Sage ». Dieu ne juge pas,
comme les hommes, et ses jugements ont de quoi dérouter. Voilà un pharisien
qui est montré du doigt quand il devrait être donné en exemple et un
publicain déclaré juste alors qu'il n'a vraiment rien pour plaire. Cela vaut
la peine d'y regarder de plus près.
Le
pharisien est vraiment un homme bien. Il n'est pas un pratiquant étriqué qui
se contenterait du minimum. Il évite le mal et s'efforce de faire le bien. Il
va au-delà de la lettre de la Loi pour en vivre l'esprit. Il jette sur lui-même
un regard lucide qui lui fait voir ses qualités. Et il n'oublie pas de rendre
grâce à Dieu pour tous les dons qu'il a reçus ! L'orgueil fait son malheur.
Pour s'élever encore plus, il se compare et prend les autres comme marchepied,
alors que le prochain nous est donné pour être aimé. Il se trouve tellement
parfait qu'il n'a plus besoin de personne, pas même de Dieu. Dieu donne
librement et gratuitement à qui est libre pour recevoir. Le publicain, impur
par définition, n'a, en plus, rien à offrir. Il partage peut-être le jugement
sévère que les autres portent sur lui... Mais justement Dieu ne juge pas comme
les hommes. Puisqu'il n'a rien, il ne peut compter que sur Dieu, et Dieu ne peut
pas le décevoir. Il est déclaré juste.